Depuis une bonne décennie, le Sénégal a renoué avec une croissance positive d’environ 5% par an, l’inflation est maîtrisée en dessous d’un seuil de 2-3% par an, la stabilisation des finances publiques est presque achevée avec un déficit moyen de 3% du PIB et le solde courant de la balance des paiements est maintenu à un niveau soutenable de 7 à 8% qui est financé par des apports extérieurs conséquents.
Dès lors, l’accent mis sur l’éradication de la pauvreté par le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) adopté en décembre 2001 par le Gouvernement, qui va sous-tendre les politiques économiques des cinq prochaines années, trouve tout son sens mais aussi pose le défi des capacités de l’Etat à accélérer la croissance, pour accroître les revenus individuels, et à optimiser l’utilisation des moyens mis à sa disposition par la communauté nationale et internationale, pour améliorer durablement les conditions de vie et l’environnement des populations.
A cet égard, les conditions de succès dans la mise en œuvre de cette stratégie de lutte contre la pauvreté reposeront fondamentalement sur les efforts visant à doter l’administration publique en général et les collectivités locales en particulier, des capacités et moyens indispensables à leur mutation. Dans ce vaste chantier, le défi important à relever, a trait à l’amélioration de la gestion des finances publiques qui passera par:
o l’accroissement de l’efficacité et de l’efficience des dépenses publiques, qui découlera de la modernisation et de l’adaptation du cadre budgétaire des dépenses publiques en vue de rendre les ministères dépensiers plus comptables de leurs résultats mais qui bénéficieront, en contrepartie, d’une plus grande flexibilité dans l’utilisation des moyens et d’une meilleure prévisibilité dans la disponibilité des ressources;
o et la poursuite de la transformation du système fiscal (Douanes et Impôts) qui suppose la simplification des structures, de l’assiette, des taux et des procédures ainsi qu’une meilleure formation des hommes et une modernisation des outils et instruments.
Dans ce vaste chantier, figure également en priorité l’approfondissement de la décentralisation, en transférant le plus possible de compétences et de moyens aux collectivités locales tout en veillant à renforcer leurs capacités de conception, d’exécution et de suivi des programmes, pour maximiser les effets des politiques au niveau de la base.
Ainsi s’articulent les ambitions et les axes des réformes budgétaires que le Sénégal envisage de mettre en œuvre, avec le soutien de ses partenaires extérieurs, suivant des plans d’actions qui sont entrain d’être déclinés pour le court, moyen et long terme.
C’est dans ce contexte que le Ministère de l’Economie et des Finance a mis en place en 2003, le Projet de Coordination des Réformes Budgétaires et Financières (PCRBF). |